La lumière du bouddhisme illumine l’humanité entière

Le Sûtra du Lotus est comme la lune. Pour ceux qui ont foi. dans le Sûtra du Lotus, mais une foi peu profonde, c’est comme si une demi-lune éclairait l’obscurité. Mais, pour ceux dont la foi est profonde, c’est comme si la pleine lune illuminait la nuit.
Nichiren, L’essentiel du chapitre Yakuô

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Daisaku Ikeda

C’est précisément en cette époque si sombre que la sagesse et la bienveillance du bouddhisme de Nichiren brillent encore plus. Notre foi nous permet de puiser librement dans la force du bouddhisme, qui révèle que chacun possède le potentiel de manifester l’état de bouddha. Quand notre foi est forte, nous revitalisons immanquablement notre vie et celle des autres. La passion et l’esprit ardent des jeunes de la SGI sont source de lumière, comme la pleine lune illumine avec éclat l’humanité entière.

Yann. Alors, qu’est-ce qu’une forte croyance ? Pour moi, c’est une question d’état intérieur, d’état de vie. Dans La Sagesse du Sûtra du Lotus, Daisaku Ikeda cite René Dubos4 : « Il serait agréable d’imaginer une vie sans stress ni contrainte dans un monde libéré de tout souci, mais ce n’est qu’un rêve creux. La Terre n’est pas un lieu de plaisance ; (…) grandir au milieu des dangers est le destin du genre humain parce que c’est le principe de l’esprit. » Daisaku Ikeda commente ce passage ainsi : « Changer le stress et les soucis en force vitale, c’est le principe de changer le poison en élixir. Nous devons parvenir à cet état de vie qui permet de vivre avec une grande joie. Pour cela il nous faut lutter. »5 C’est à cette combativité que l’on s’exerce. Elle permet, grâce à la croyance, d’élever notre état de vie. On peut alors englober toutes les fluctuations – qui sont normales – de la vie. Il s’agit aussi, bien sûr, de s’exercer au quotidien. Pour moi, cette combativité s’exprime le mieux lorsqu’on a conscience d’oeuvrer pour le Grand Voeu d’être heureux et de contribuer au bonheur des autres. Si on arrive à donner un sens à ce qu’on vit, cette combativité devient naturelle.

Misao. Pour certains, il est très difficile d’être combatif, ou de ressentir de l’espoir, ou encore de trouver le courage nécessaire. En récitant Daimoku pour faire jaillir l’espoir, le courage, la force vitale, on élève notre état de vie, on fait naître une énergie, imprégnée de sages se, de bienveillance. Toutes ces qualités sont des caractéristiques de notre état de bouddha. Il en est de même pour la bonne fortune que l’on crée. Si notre croyance est profonde, les fonctions positives de la vie se manifestent dans la nôtre. « Plus notre foi est forte, plus la protection des divinités est grande. »6 Quand j’étais étudiante, j’ai rencontré de grandes difficultés, avec notamment des problèmes de carte de travail… Je ne doutais pas de l’affirmation de Nichiren : « Je prie avec autant de ferveur qu’il en faudrait pour produire du feu avec du bois humide ou tirer de l’eau d’un sol desséché. »7 Mais pour l’appliquer à moi-même… Je me demandais : « Est-ce que j’ai assez de croyance pour vivre cette phrase ? » Alors, j’ai beaucoup pratiqué, j’ai douté, lutté contre mon incapacité à croire, cette « obscurité fondamentale ». Petit à petit, j’ai constaté un changement en moi, jusqu’à en arriver à me dire : « J’y arriverai absolument », jusqu’à en arriver à croire.

J’ai obtenu ma carte de travail. Finalement, l’impossible était devenu possible. La croyance forte ne naît pas tout de suite. À chaque expérience, elle grandit. À chaque période difficile de ma vie, j’ai appliqué ce passage de Gosho et, à chaque fois, j’ai fait apparaître de grands résultats. Une fois que l’on sait nager, on peut nager facilement par la suite. De la même manière, une fois que l’on a expérimenté la force de Nam-myoho-renge-kyo, on peut l’expérimenter de nouveau, fort de la croyance acquise la ou les fois précédentes.

Yann. Au début, quand on commence à pratiquer le bouddhisme de Nichiren, il arrive que des résultats positifs se manifestent assez facilement. Puis, au fil du temps, les bienfaits de la pratique deviennent plus intérieurs et profonds, jusqu’à parvenir à un état de vie éclatant. C’est graduel, cela s’approfondit avec le temps et toujours en lien avec la vie quotidienne. « Au lieu d’être contrôlés et tiraillés de droite et de gauche par les difficultés, nous développons une force qui nous rend capables d’affronter courageusement et de surmonter les souffrances avec panache ! » Non seulement on les affronte, mais en plus avec panache ! «Si notre vitalité est de force i et que nous rencontrons un problème de force 2 ou 3, nous serons très probablement découragés, mais, si nous développons notre vitalité jusqu’à force 100, 1 000 ou 10 000, ces problèmes ne deviennent que des désagréments à peine perceptibles que nous éliminons facilement tout en continuant à progresser joyeusement.»

Misao. Dans le même ordre d’idées, Daisaku Ikeda écrit : « Nous parlons d’obtenir la grande force vitale qui permet de briser les chaînes de la souffrance. Cette grande force vitale implique bienveillance et sagesse, tout autant que bonne fortune et bienfaits. (…) Quand notre être tout entier déborde de vitalité, notre monde saha empli de souffrance se change en un monde d’une joie éclatante (…). Jouir de cette grande force vitale est en soi “Vivre en paix et en sécurité en ce monde”. (…) Nichiren Daishonin écrivit : “Il faut considérer l’apparition des obstacles comme la véritable paix et sécurité.” (GZ, 750) Ce que l’on appelle “véritable paix et sécurité en ce monde” correspond à un état de vie où, ayant lutté et triomphé courageusement de toutes les épreuves, on en ressort avec une foi encore plus brillante et renforcée. »9

Yann. Si la clé de cette force vitale réside dans notre pratique, il s’agit de réciter un Daimoku de qualité. Récemment, je me suis redéterminé, dans mon défi de pratiquer un certain temps tous les jours. Peu à peu, mon défi s’est élargi à réciter un Daimoku « concentré », puissant.

Misao. En essayant de se forger une détermination de plus en plus grande, on gagne peu à peu en concentration. Et c’est là qu’intervient la persévérance.

Jean-Pierre. Quand on s’installe pour faire Daimoku, nous sommes parfois fatigués, ou dans le doute, ou dans la souffrance… Pratiquer amène un changement d’état intérieur. D’ailleurs, on dit souvent de continuer à réciter Daimoku – si les circonstances le permettent – jusqu’à ce qu’on se sente « bien ». On pourrait dire que la manifestation du dixième état, l’état de bouddha, est signe de croyance.

Misao. C’est cela, pratiquer jusqu’à sentir : « Je vais remporter la victoire. » Au bout d’un moment, la récitation de Nam-myoho-renge-kyo nous libère de notre doute, de notre angoisse ou de la souffrance ressentie sur l’instant… À un moment, on « lâche ».

Yann. Je pense que la prière doit vraiment s’inscrire dans ce que l’on vit. Quand je récite Daimoku, est-ce que je peux penser à mes préoccupations quotidiennes ? Oui. Alors, notre détermination s’oriente vers la victoire dans la réalité qui est la nôtre.

Jean-Pierre. J’aimerais revenir sur le passage du commentaire : « Quand notre foi est forte, nous revitalisons immanquablement notre vie et celle des autres. » Ici, il est question de l’impact de notre croyance dans la société. Au tout début de ma pratique, on m’a dit : « Pratiquer éveille force vitale, sagesse et bienveillance qui, à leur tour, entraînent l’apparition de bonne fortune. » Tout de suite, de nouveaux horizons se sont ouverts dans ma vie. C’est quelque chose qu’un nouveau pratiquant peut ressentir assez vite : un nouveau dynamisme, un coeur qui s’ouvre, le souci des autres qui grandit très naturellement et, aussi, une sagesse pour pouvoir trouver des solutions aux problèmes quotidiens. Deux principes bouddhiques, en particulier, m’ont interpellé : « La foi égale la vie quotidienne » et « Le bouddhisme équivaut à la société ». Que signifie alors « éclairer la société » ? Qu’est-ce que ça implique ? Il est essentiel que chacun de nous cherche à comprendre ce qu’est une croyance qui « éclaire » la vie quotidienne et en quoi faire connaître la Loi bouddhique peut éclairer la société.

Yann. C’est là qu’intervient le lien entre deux notions évoquées dans cet extrait : la foi et la transmission de la Loi. Pourquoi faisons-nous connaître la Loi bouddhique aux autres ? Daisaku Ikeda est très clair, on ne transmet pas la Loi pour convaincre, montrer qu’on a raison, mais parce qu’on a la réelle conviction que c’est l’enseignement qui va conduire les êtres humains au bonheur. C’est par compassion que l’on partage la Loi bouddhique et non parce qu’on nous le demande.

Jean-Pierre. La notion de foi ou de croyance en bouddhisme est difficile à saisir. On peut s’imaginer que c’est « mystique ». Mais entendre « La foi, c’est la vie quotidienne », c’est révolutionnaire. Tout est là. Si l’on est sérieux, sincère dans notre vie quotidienne, c’est déjà l’expression de la foi.

http://humanisme.soka-bouddhisme.fr/ressources/354-la-lumiere-du-bouddhisme-illumine-lhumanite-entiere

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Une autre approche de la religion

Notre chère planète et tous les êtres vivants qui la peuplent sont confrontés à de grandes difficultés. Les systèmes, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux, font face aux urgences mais ne peuvent tout résoudre.

Les évènements sont le reflet du « coeur » ou de l’intention profonde de chaque personne. Changeons notre esprit, notre manière de penser la vie et tout changera. Les réponses ne sont pas à l’extérieur mais en chacun de nous.

« Chacun possède également la vie. Au niveau le plus profond il n’y a pas, pour les êtres humains, de différences entre les sexes, les couleurs de la peau ou les ethnies ; il n’y a pas non plus de discriminations fondées sur la richesse ou le statut social. Tous sont égaux. » D. IkedamndeTous les êtres vivants sont l’expression d’une même force vitale, universelle, éternelle. Notre mouvement bouddhiste Soka, dont nous fêterons le 85e anniversaire de la fondation le mois prochain, propose une autre approche de la religion. Il s’agit de revenir à ce que Daisaku Ikeda appelle « l’esprit religieux de l’humanité » qui semble être le point de départ et la source de la religion.

« L’esprit religieux désigne le pouvoir spirituel intérieur de faire jaillir du nihilisme le courage, et du désespoir l’espoir ; c’est un esprit qui incite à chercher ce pouvoir spirituel en soi et chez les autres, ainsi que dans tous les phénomènes de l’univers. L’esprit religieux consiste à croire que nous possédons en nous le pouvoir de surmonter toutes les difficultés ou impasses quelles qu’elles soient, et d’agir de manière positive afin de créer des valeurs nouvelles. » D. Ikeda

Il existe assez de force dans tout l’univers et plus de ressources qu’il n’en faut au fond de nous-mêmes pour sortir de nos impasses et créer un monde où il fait bon vivre. Faisons jaillir de notre propre vie la force gigantesque inhérente en manifestant force vitale, sagesse, compassion, courage, afin de ne plus être à la merci de notre avidité et de notre colère ; de ne plus être divisés par la méfiance et la haine.

En tant que pratiquant du bouddhisme de Nichiren, luttons pour prendre en main notre destin et transformons nos vies, afin de créer des valeurs dans notre environnement ! Faisons naître l’espoir en transmettant notre croyance dans le potentiel illimité de l’être humain ! C’est le chemin d’une véritable « religion » humaniste, une religion dont la valeur suprême est la vie et le respect des êtres qui l’incarnent.

Lettre de Jean-Claude Gaubert, porte-parole du consistoire Soka du bouddhisme de Nichiren

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Cultivons la Paix

Cultivons-la-paix

Si vous n’avez plus d’espoir,
faites-le jaillir.
Si tout est sombre autour de vous
soyez ce soleil qui illumine tout.

On n’attrape pas
le bonheur
en lui courant après.
Le bonheur
suit les personnes qui vivent
avec courage et ténacité.
De la même manière, la paix
viendra aux êtres humains
lorsqu’ils mèneront leur vie
avec sagesse et philosophie.

Extrait du poème de Daisaku Ikeda :
La paix est le fondement pour le bonheur durable de l’humanité

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Se prendre en main CONTRE le cancer

L’attendre, fataliste, comme dans ce très bon clip

http://clic.sante-nature-innovation.fr/t/EQ/AAErwA/AAE2uw/AAO3JA/AAt_ZA/MTI0NDQwfGh0dHBzOi8vd3d3LnlvdXR1YmUuY29tL3dhdGNoP3Y9OGFKdzRjaGtzcU0./AQ/A05_

OU

Il est possible de réduire fortement son risque de cancer, à condition d’être prêt à :

  • Arrêter de fumer (pour les fumeurs réguliers)
  • Limiter sa consommation des nourritures et boissons qui n’existaient pas il y a mille ans : sucre, sodas, céréales raffinées, acides gras trans, bonbons, biscuits salés et sucrés en tout genre, plats préparés
  • Sortir et prendre quotidiennement le soleil, pour optimiser son taux de vitamine D, s’aérer l’esprit et s’oxygéner les tissus
  • Manger des produits achetés sous forme non transformée, de saison, et si possible locaux, en évitant les cuissons à haute température (surtout le barbecue et les fritures). Privilégier les légumes frais, en particulier les légumes verts et colorés, ainsi que les petits fruits rouges et noirs
  • Éviter au maximum les contacts avec les produits chimiques, que ce soit dans l’environnement (épandages d’herbicides et pesticides, pollution atmosphérique), dans la nourriture et les vêtements, dans nos intérieurs (vernis, détergents, parfums chimiques, peintures…)
  • Limiter notre exposition aux ondes du téléphone portable, du wifi, et le temps passé devant notre ordinateur et la télévision, surtout en position assise
  • Optimiser nos apports en oméga-3, magnésium, potassium, vitamines, antioxydants, oligo-éléments
  • Veiller à la qualité de notre digestion et à avoir un tube digestif sain, en consommant des fibres prébiotiques et des probiotiques (aliments fermentés)
  • Apprendre à respirer profondément : réduire notre niveau de stress, vivre au calme et pratiquer une activité physique régulière en plein air et au soleil (marche en montagne, en forêt, bains de mer si l’on peut)
  • Soigner son moral : faites des choix de vie conjugaux, familiaux, éducatifs, professionnels qui nous apportent un réel équilibre sur le long terme. Avoir des activités sociales, artistiques, spirituelles qui nous épanouissent intérieurement
  • Cultiver son esprit, en choisissant des lectures et des émissions de qualité ; travailler à accomplir notre grand rêve de jeunesse
  • Entretenir un réseau d’amis : soigner ses relations avec les membres de famille, se rendre aimable avec les voisins, inviter régulièrement des personnes chez soi et faire tout son possible pour bien les accueillir afin de leur donner envie de revenir, pour faire de notre foyer un lieu vivant où l’on se sent bien
  • Cultiver un jardin ou des fleurs sur son balcon, s’occuper de notre animal domestique  (acheter par exemple des livres pour mieux le connaître)

Il s’agit de toute une philosophie de la vie qui a fait ses preuves. On sait que les peuples dont le mode de vie tend vers cet équilibre ont moins de cancer –et d’ailleurs moins de maladies en général car ces mesures réduiront aussi le risque cardiaque, le risque de diabète, d’arthrose, de dépression, etc.

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10 légumes diurétiques et leurs bienfaits sur la santé

  • L’artichaut, une source importante d’antioxydants (qui réduisent les dommages causés par les radicaux libres dans l’organisme) ; source de cuivre (collagène) ; bienfaits sur l’hypercholestérolémie
  • L’asperge, faiblement calorique ; pouvoir antioxydant très élevé ; excellente source en vitamines B9 et K
  • L’aubergine, source de cuivre, de vitamines B1 et B6 ; antioxydants
  • La betterave rouge diminuerait l’apparition de certains cancers ; super-aliment (potassium ++) riche en antioxydants ++ ; effets cytotoxiques (si cancers sein, prostate) ; vit. A et K ++
  • Le brocoli pour réduire les risques cardiovasculaires ; vitamine C et K ; consommé au moins quelques fois par semaine, ce légume serait associé à un risque plus faible de cancer colorectal, de l’estomac, du poumon, de la prostate et même du sein chez la femme pré-ménopausée
  • La carotte prévient des maladies cardiovasculaires et de certains cancers (dont poumon) et des maladies de l’œil ; coupe-faim (crue)
  • Le céleri, bon contre l’hypertension ; pourrait empêcher la prolifération de plusieurs types de cellules cancéreuses ; vit. K et B6
  • Le chou, en prévention du stress oxydatif et de cancers, stimulant du système immunitaire ; vit. K
  • Le concombre, idéal dans les régimes hypocaloriques ; sans pelure = cuivre, avec = vitamine K
  • La courgette, vertus antioxydantes ; protège du cholestérol ; nombreux mais modérés nutriments comme le phosphore, le magnésium, le potassium, le fer ou encore les vitamines B1, B2, B6, B9 (1 portion fournit entre 5 et 15% des apports recommandés en ces nutriments si avec peau)

Bienfaits-de-slégumes

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Qu’est-ce que le karma ?

Même en Asie, où le concept trouve son origine et a été incorporé dans une variété très étendue de cultures, le karma reste une notion très mal comprise. Perçu de manière négative, et surtout dans une perspective rétrograde, le karma est souvent utilisé pour encourager les membres défavorisés d’une société à accepter leur situation et leur existence comme étant de leur propre fait. Alors les souffrances d’aujourd’hui ne seraient que les résultats des causes négatives du passé.

Se considérant comme seuls responsables de leurs situations, les gens tombent facilement dans le désespoir le plus sombre. Pourtant cette perception est une distorsion du sens originel de karma, tel qu’il est utilisé dans la tradition bouddhiste. Car accepter l’idée de karma ne signifie pas vivre sous un nuage de culpabilité ou d’angoisse sourde, ignorants des causes négatives que nous avons fabriquées dans le passé. L’attitude juste serait d’être confiants car notre destinée est entre nos mains et nous avons le pouvoir de la transformer pour le mieux à n’importe quel instant.

Dans les termes les plus simples, le karma (qui signifie actions) est l’opération universelle du principe de causalité, tout à fait similaire à sa définition scientifique. La science nous assure que tout dans l’univers existe dans le cadre de la relation entre la cause et l’effet. « Pour chaque action, il y a une réaction opposée et égale » est un principe familier. La différence entre la causalité matérialiste de la science moderne et le principe bouddhique du karma est que ce dernier n’est pas limité aux seules choses mesurables et perceptibles. Il inclut également les aspects invisibles et spirituels de la vie, comme la sensation ou l’expérience du bonheur, de la misère, de la bonté ou de la cruauté. Dans un discours donné en 1993, le président de la SGI, Daisaku Ikeda, décrivait ces différentes approches. Le concept bouddhique de la relation de causalité est, écrit-il :

« …fondamentalement différent du type de mécanique causale de la science moderne qui régit le monde naturel objectif, un monde distinct de la sphère subjective des considérations humaines. La causalité, du point de vue du bouddhisme, s’étend sur une définition plus vaste de la nature, de celles qui embrassent l’existence humaine toute entière. Pour illustrer cela, disons qu’un accident ou une catastrophe survient. La théorie mécaniste de la causalité peut être mise en œuvre pour comprendre comment s’est produit l’accident, mais elle est incapable de résoudre la question du pourquoi certaines personnes se sont trouvé impliquées dans le même événement tragique. La perception mécanique de la causalité dans la nature ne peut pas s’encombrer de ce type de questionnement existentiel.« 

La compréhension bouddhique de la causalité cherche directement à régler tous les « pourquoi ? ».

A l’origine, le terme sanskrit « karma » signifiait littéralement « métier » ou « office », et s’accordait avec des verbes qui signifiaient seulement « faire » ou « fabriquer ». En bouddhisme, nous fabriquons le karma selon trois niveaux : celui de la pensée, celui des mots, celui des actions. Les actes ont naturellement plus d’impact que les mots. De même, verbaliser nos idées a une plus grande force de création du karma que de simplement les conceptualiser intellectuellement. Toutefois, puisque les actes et les mots ont pour origine les pensées, ce que nous produisons dans notre intimité, notre cœur, est d’une importance cruciale.

route-vers-soi

Le karma peut donc être conçu comme le noyau central de notre personnalité. Ce sont les tendances profondes qui ont été imprimées dans les niveaux les plus profonds de nos vies. Ces cycles de causes et d’effets des plus profonds sont donc capables de s’étendre au-delà de notre vie présente. Ils forgent la façon dont nous venons au monde, c’est-à-dire les circonstances particulières du moment de notre naissance. Et ils se perpétuent par delà notre mort. Pour cela, le but de la pratique du bouddhisme est de transformer les tendances qui forgent les bases de notre vie de manière à pouvoir réaliser notre potentiel humain complet dans cette vie et dans les suivantes.

Un texte du canon bouddhique déclare : « Si vous souhaitez comprendre les causes qui ont existé dans le passé, observer les conséquences qui se manifestent à présent. Et si vous souhaitez comprendre les conséquences qui se manifesteront dans le futur, observer les causes qui existent dans le présent.« 

Le karma est donc, comme toute chose, dans un flux constant. Nous sommes en pleine phase de création de notre présent et de notre avenir au travers de tous les choix que nous faisons à chaque instant. A la lumière de cela, l’enseignement à tirer du karma n’est certainement pas la résignation, mais plutôt l’encouragement à devenir les protagonistes centraux de notre propre histoire existentielle.

SGI Quarterly

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Faire preuve de courage ! Avoir le courage de la non-violence !

Gandhi n’était l’allié d’aucun parti. Il soutenait à la fois les deux camps. Les êtres humains sont tous frères et sœurs. Comment peut-on les laisser s’entretuer sans élever la voix ?

Gandhi : « La violence engendre la violence ! »

Nehru : « Il n’y a pas de bombe plus puissante que la bienveillance. »

Le roi Asoka : « Le règne de la loi est supérieur à celui de la force militaire. »

« Si vous voulez, vous pouvez couper mon corps en deux. Mais il ne faut pas diviser l’Inde en deux. A quoi bon se haïr mutuellement entre frères ? Si vous répondez à la haine par la haine, cela ne peut que faire empirer les choses et propager davantage la haine. »

Est-ce que, par exemple, parce que quelqu’un d’autre a incendié ma maison, je vais mettre le feu chez lui ? En perpétuant des comportements si stupides, on risque de finalement propager l’incendie dans toute la ville. On ne peut faire renaître sa maison des cendres en faisant brûler celle du coupable. La violence ne résout rien. Une compétition dans la riposte militaire ne peut qu’engendrer des plaies. Pourtant, malgré les appels et les cris de Gandhi, la flamme de la haine ne s’est jamais éteinte. Les défenseurs de la haine sont plus nombreux que les êtres censés.

II. On n’éteint pas un feu en ajoutant de nouvelles flammes

Dix jours avant d’être tué (le 20 janvier 1948), Gandhi fut victime d’une première tentative d’assassinat. Alors qu’il se trouvait dans une réunion, quelqu’un lança une grenade dans sa direction. Un attentat ! Le coupable était un jeune sikh. Heureusement, il avait raté son coup. Le jeune homme fut arrêté. Le lendemain, les croyants sikhs rendirent visite à Gandhi et affirmèrent que le coupable n’était pas des leurs. Gandhi secoua la tête.

« Que voulez-vous dire par là ? Qu’est-ce que cela change que ce croyant soit sikh, hindouiste ou musulman ? Je souhaite le bonheur de toute personne, quelle qu’elle soit. On a appris à cet homme que j’étais un ennemi des sikhs. On a planté dans son cœur la haine à mon égard. Il était totalement convaincu que j’étais un coupable. Dans son désespoir, il ne pouvait rien croire d’autre. Il faut faire preuve de compassion à son égard. »

Comme les policiers étaient surexcités, Gandhi leur demanda d’aider le jeune homme à développer une conception correcte et à agir avec justice plutôt que de le sanctionner.

Gandhi se comportait toujours ainsi. Personne ne haïssait plus que lui la violence. Personne, plus que lui, n’était convaincu que la non-violence pouvait venir à bout de la violence. Le feu est éteint par l’eau. La haine ne peut être vaincue que par la bienveillance. Certains le critiquaient en disant que Gandhi faisait preuve de douceur à l’égard des terroristes. D’autres le tournaient en dérision en disant : « L’idéal de Gandhi n’est qu’un rêve en dehors de la réalité. Il relève d’un sentimentalisme naïf. »

Gandhi était seul. D’innombrables personnes l’admiraient mais très peu partageaient concrètement sa foi. Pour Gandhi, la non-violence correspondait à un amour enthousiaste pour l’humanité. Cela représentait une manière de vivre essentielle à ses yeux. Il ne pouvait vivre un instant sans cela. Pourtant, pour ses nombreux disciples, la non-violence n’était qu’une stratégie politique visant à obtenir l’indépendance face à l’Angleterre.

Gandhi était un solitaire. Parce qu’il avait une grande sincérité religieuse et du fait de son amour du peuple, renforcé par sa croyance, il ne pouvait négliger la politique, présente au cœur même de la vie des personnes ordinaires. Et plus il s’impliquait dans le monde politique, plus il constatait encore et encore que la politique nécessitait l’amour de l’humanité, fondé sur une religion. Ce qui lui valut d’être attaqué par les religieux :

« C’est un ambitieux qui s’engage dans cette sale affaire qu’est la politique. » […]

III. Supprimer les attentats

[…] Un martyr meurt mais ne tue pas. Celui qui meurt en martyr cherche au contraire à sauver les êtres humains. Il ne pourrait donc en aucun cas commettre un acte destructeur qui consiste à tuer les autres.

[…] « Plus le vent du nord soufflait pour arracher au voyageur son manteau, plus ce dernier s’accrochait à son vêtement. »

Il est temps que l’humanité se rappelle ce proverbe. Fondamentalement, une paix fondée sur l’oppression d’un autre pays n’est qu’une “ paix morte ”, “ la paix dans un cimetière ”. L’humanité ne doit pas souhaiter pareille chose. De plus, une intervention armée fera de nouvelles victimes parmi les civils innocents. En termes militaires, il paraît qu’on appelle cela des dégâts collatéraux. “ Dégâts collatéraux ”, quelle expression glaçante ! […]

IV. «  Si vous êtes un véritable chrétien … »

Je me souviens d’un épisode émouvant mentionné dans une lettre écrite par Tolstoï à Gandhi, datée du 7 septembre 1910.

« Dans un lycée de Moscou, eut lieu une épreuve portant sur des questions de religion. Un archevêque est venu dans cette école et a interrogé les lycéennes à propos des Dix Commandements. En particulier de celui qui dit : “ Tu ne tueras point. »

« Est-il interdit par la loi de Dieu de tuer dans tous les cas ? »

Les jeunes filles ont répondu fidèlement, comme elle l’avait appris.

« Non, pas dans tous les cas. Lors d’une guerre ou en cas de condamnation à mort, on peut tuer. »

Ce à quoi l’archevêque répondit :

« Très bien. Votre réponse est exacte. »

Cependant, l’une des lycéennes s’empourpra et répondit avec fermeté : « Dans tous les cas, c’est inadmissible. »

Le religieux, mal à l’aise, essaya de justifier son raisonnement. La lycéenne ne céda pas.

« Non, dit-elle, dans tous les cas, il est interdit de tuer. C’est ce que mentionne clairement l’Ancien Testament. De plus, Jésus-Christ a non seulement interdit de tuer mais il a aussi enseigné de ne pas faire de mal à son prochain. »

Face à une réfutation aussi juste, l’autorité de cet archevêque et son éloquence se révélèrent aussi lamentables qu’inutiles. Il fut finalement obligé de se taire. Tolstoï écrivit : « Cette jeune fille a remporté la victoire. »

V. Un tournant décisif

[…] « Nous considérons ces attentats comme un défi contre les lois de l’humanité. Nous refusons de nous soumettre à la loi de la jungle. Nous entendons lancer des dialogues pleins de dynamisme avec le monde arabe, plutôt que de choisir le recours à la force. 

Nous faisons le choix de contribuer à un enrichissement du monde en éteignant le feu par un déluge de dialogues sans précédent plutôt que de rajouter de l’huile pour faire monter davantage encore la flamme de la haine. […]

Au plus grand mal succède le plus grand bien. Mais un grand bien ne se fait pas tout seul. C’est toujours le courage qui produit le grand bien. C’est dans l’instant présent qu’il faut manifester « le courage de la non-violence », « le courage d’écouter ce que l’on n’a pas envie d’entendre », « le courage de contrôler le désir de vengeance et de suivre la raison ». […]

VI. La paix se fonde sur l’écoute

[…] Le Premier ministre indien, Nehru, déclara qu’au cœur de l’enseignement de Gandhi se trouvait l’absence de crainte. « Celui qui possède une force authentique ne se venge pas… Les véritables héros sont ceux qui sont aptes au dialogue. » Tel est l’enseignement fondamental de Gandhi.

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Extraits de l’essai du président Ikeda sur sa rencontre avec Mme Shikli, ancienne présidente du Conseil Culturel Indien.
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